Nous marchions ainsi pendant quelques instant, partageant quelques phrases et – surtout – écouter les blagues absurdes du frère d'Emmanuel. Je dois avouer que ça met une certaine ambiance, mais je me concentrais plutôt sur ma façon de marcher, question de ne pas refaire une chute sur le sol.
C'est fou comme il parle, ce garçon ! Ça en ai presque incroyable ! Je constatai avec aise que ces deux frères ne se ressemble pas du tout. Emmanuel est plutôt réservé, mystérieux et calme, je dirais. Son frère, lui est un tantinet surexcité et lance des blagues inutiles à tout bout de champs, mais cela n'est pas déplaisant. Emmanuel à la classe et son frère paraît plutôt frêle. Samuel possède des cheveux incroyablement noirs et son frère, ils se trouvent à être blond.
Mais il y avait quand même certains traits du visage qui effleuraient la ressemblance. Leur nez, tient. Je sais que ça paraît ardus de comparé cette partie du corps, mais ils ont le même nez fin et délicat. Leur lèvres se ressemblent également. De belles lèvres sensuelles, je dois dire. J'ai aucune idée pourquoi, mais penser ça me gêne un peu.
- Ça va ? Demanda Emmanuel, inquiet.
Et c'est alors que j'entendis souffle de un rire qui frôlait l'idiotie retentir à mes oreilles.
- Elle était en train d'épier ta sublime beauté, mon frère !
J'ai beau bien l'aimer, mais parfois, il est plus qu'agaçant ! Sale frimeur, vas !
Je rougis alors comme une pivoine de la racine des cheveux jusqu'aux pieds.
- Je... non. Je pensais, c'est tout, m'offensai-je, le fusillant du regard.
Une moue apeurée se dessina doucement sur le visage de Samuel tant dis que je le regardai d'un regard d'encre.
- Elle me fait peur, Em !
Je pouffai.
Moi ? Une minable vivante qui réussis à faire peur à un fantôme ? J'aurais tout entendus !
Emmanuel roula les yeux, mais sembla ne pas vraiment s'intéresser à notre dispute enfantine. Il semblait pensif, plutôt. J'avais beau faire d'énorme efforts pour atteindre son regard, je ne réussis simplement pas. Il cachait décidément ses traitres yeux.
J'ai alors finis par céder, déçus.
Regrettait-il de m'avoir emmené avec lui ? De vouloir me montrer quelque chose de nouveau qui risque de n'être pas très très habituel ?
Hébétée, silencieuse et pensive, je continuai ma marche incroyablement maladroite, me tenant entre deux frères attachants. Il ne faisait pas encore sombre, mais je pouvais bien voir que le ciel devenait de plus en plus ténébreux. J'ai alors, à l'instant, pensé à ma mère. Elle paraissait tellement anodine devant ces deux être – si je peux me permettre de les appeler ainsi, cela va de soit ! – qui m'entouraient. L'école me paraissait complètement absurde et les rigolades de Maxime aussi. Tout me paraissait négligeable !
Alors que je continuai à marcher, Emmanuel s'arrêta net que je fus alors fracassé contre son dos, et lança un regard complice à son frère. Il se retourna, me mit sur mes pieds en un rien de temps et sourit.
- Voilà, nous sommes arrivés !
Je regardai aux alentours. Il y avait... beaucoup d'arbres, certes. Des buissons, de la terre, du gazon... Tout ce qui a de plus banale, quoi !
- Ah... marmottai-je, déçus.
Les deux frères se lancèrent un autre regard complice.
Et alors, je vus Samuel disparaître, comme s'il avait traversé un mur invisible. Je restai tétanisée, inquiète, en quelque sorte. Figée, restant de marbre, le regard tétanisée, je regardais l'horizon de la forêt sans fin.
J'avançai enfin le pied pour passer une main soucieuse dans le vide, croyant ainsi pouvoir atteindre une porte ou un mur, ou quelque chose comme ça. Mais rien ne se produit. J'ai crus bon penser que j'avais carrément hallucinée.
J'entendis alors les rires d'Emmanuel, essayant de se retenir.
- C'est pas drôle ! ( moment de silence ) Est-ce que j'ai rêvé ou il a réellement passé à travers... euh... l'air... ?
Le blond plissa le front, décontenancé, on dirait et chuchote :
- Mais de quoi parles-tu, Tracy ? S'étonna-t-il, surpris.
Je restai cloitrées sur le sol, déroutée. J'avais bel et bien hallucinée. Mais c'est alors que Emmanuel se mit à pouffer que je ris égoïstement.
- Ha ha ha ! C'était très drôle, je me roule sur le sol ! Ironisai-je.
Il s'approcha doucement de moi.
- Ne le prend pas comme ça, Tracy ! Marmonna-t-il avec des accents mielleuse dans la voix.
Je soupirai. Il réussissait toujours à me reconquérir, lui !
- Prend ma main, m'ordonna-t-il soudainement.
- Hein ? Demandai-je, décontenancée.
- Obéis, tu vas voir.
Et c'est les sourcils froncés que je pris possession de sa main. Ça n'était pas du tout désagréable, non, mais ça me rendais mal à l'aise... Mon rythme cardiaque se mit soudainement à accéléré.
Il se tourna vers moi, me regardant profondément dans les yeux, posant ses mains autour de mon visage, comme auparavant.
- Tu es prête ? Me demanda-t-il, un tantinet inquiet.
Ses yeux étaient vert.
Hésitante à le lui répondre, je pinçai les lèvres. Je voulais savoir ce qui se trouvait derrière se mur caché, certes. Mais qu'est-ce qui m'empêchait de vouloir y aller ?
- Tu es bien sûre de vouloir y aller ? Me questionna-t-il ensuite.
Oui, je veux bien, mais une partie de moi même n'ai pas prête à affronter ce monde. Le monde des morts, à vrai dire.
Je penchai ma tête en guise de désolation.
- Je n'en sais rien... Je... il fait bientôt soir et j'ai promis à ma mère de rentrer à une heure convenable... expliquai-je, maladroite.
Il finit par sourire, amusé.
- Mais qu'est-ce qui te fait rire ?
Il pinça les lèvres, hochant le menton.
- Rien... Allez, je dois te ramener à la maison saine et sauf ! Il y aura d'autre occasion pour que je te montre mon chez moi, dit-il, me réconfortant.
Je restai étonnée devant cette phrase.
Je n'avais pas vraiment pensée à cela, devant l'irréaliste que j'ai été offert, mais en méditant bien sur ce fait, j'aurais voulus reculer sur ma décision précédente et d'y retourner. Mais au lieu de ça, je me tus.
Nous avancions, côtes à côtes, dans les bois, discutant de tout et de rien. En fait, rien d'assez intéressant à son sujet. Je voulais toujours en savoir trop sur lui, et pour lui, c'est un défaut. Je l'embête probablement avec tout mes interrogations à son égard et c'est pourquoi je n'ai pas insisté pour qu'il se taise avec ses absurdes questions sur ma minable vie, aucunement fantastique.
Par contre, en se moment, je regrettais fortement de ne pas avoir acceptée et me sentis aussitôt coupable. C'est vrai, je lui pose toutes sortes de questions et maintenant, il est prêt à me faire visiter son monde. Le monde des morts, des fantômes. Cela fait plutôt insipide de dire ça, parce qu'il n'avait pas du tout l'air d'un mort, à vrai dire. Plutôt d'un Dieu, je dirais.
Et à ce sujet, je devrais calmer mes ardeurs. Mes pensées ne sont pas trop acceptable envers lui. Mais je dois l'avouer, il n'est pas du tout comme les autres garçons de mon école. Certes, cela va de soit ! La vie était quasiment banale à côté de la mort, tant que je me demandais si je ne préférais pas cette voix.
Si Emmanuel m'entendrait, il me tuerait ! Enfin... Pas exactement.
Arrivé à la maison, je saluai aimablement ma mère, qui celle-ci fut assez surprise de ma soudaine euphorie. Et c'est en lui donnant un baiser sur la joue que je montai prendre ma douche, ordonnant à Emmanuel de ne pas bouger et de m'attendre là. J'ai aussi crus bon ajouter que ce ne sera pas trop long. Je ne suis pas pour le faire languir, dans ma chambre, quand même !
En espérant qu'il n'osera pas fouiner dans mes affaires !



