Des images de la soirée qui venait de s'écouler ne cessèrent de tourner, comme un film, dans ma tête. Tout, sans exceptions. Et c'est alors que je compris...
Emmanuel était différent des autres garçons. Certes, cela va de soit ! Mais pas ce genre de différence, non... Une différence hors de l'ordinaire. Il a un prénom qui date du moyen âge, mais possédait un âge acceptable. Personne ne pouvait le voir, ni l'entendre, ce qui justifie le pourquoi me voulait-il à une heure si tardive. Le soir, il n'y à personne, ou presque, qui déambule dans le parc et si quelqu'un m'apercevait parler complètement seule, je n'aurais l'air que d'une folle à lier, comme il a si bien dit. Il sait certaines chose sur moi que j'ignore d'où il tient, mais j'ai une théorie, là-dessus. Si personne ne peux le voir, il s'amuse donc à espionner les gens ! Mais moi, j'ai la faculté de le voir, sans une explication assez convenable pour le justifier. Voilà pour sa réaction si étrange, le premier jour où je l'ai rencontrer ! Il à été surpris que je puisse l'apercevoir, moi, seule et non les autres. Les idées m'étaient plus palpable, désormais, mais je tenais encore à des explication de sa part.
Mais ce qu'il est ne saute surtout pas aux yeux. Ça, il va devoir me l'expliquer en long et en large !
Ravie d'avoir répondus à mes propres questions, la conscience moins chevauchée, je décidai en vain de m'endormir pour de bon. J'en avait grandement de besoin, comme il avait cru bon souligné.
Je sombrai dans un sommeil sombre, presque inconsciente.
Une lueur limpide, bleuâtre, me réveillai et c'est en gémissant que je me tournai difficilement vers la droite. J'eus bien crus bon effacer la soirée d'hier soir, de me la remémorer de fond en comble, je n'arrivais pas à trouver ça irréaliste. Certes, ce l'était ! Mais mon imagination me joue souvent des tours ! Peut-être que je suis délurée mental, qui sait ? J'aurais bien aimée ne pas croire la veille, mais mon cerveau refuse d'engendrer ce geste. Emmanuel n'est pas un être ordinaire, loin de là. Mais ce qu'il est m'échappe, tout de même.
N'ayant plus la faculté de me rendormir, je me jetai, faible, hors du lit., m'étirant. Emmanuel ne cesse d'obnubiler mes esprits et ce n'est pas très acceptable. Il n'est pas complètement faux que de rencontrer un garçon de ce genre est très rare... en fait, c'est carrément impossible ! J'ai juste eu un peu de chance... mais pourquoi est-ce moi que le destin a choisit ? Je suis la seule qui à la faculté de le voir. Cela s'annonce plus irréelle que les petites sottises qui se passe dans ma chambre : la fenêtre ne cesse de s'ouvrir sans explication potable, tout n'est plus a sa place habituel. Parfois, il y a même la présence du vent, mais les fenêtre sont closes.
Je me figeai, méditant sur mes phrases précédentes.
Emmanuel...
Soudain, un bruissement provenant de la fenêtre me valut un cri strident, mais renfermé. En apercevant le sublime blond, je posai aussitôt ma main sur ma bouche, étouffant mon cri.
- Je t'ai encore fait peur ! Fanfaronna Emmanuel d'un sourire victorieux.
Si je ne me retiendrais pas, je lui sauterais au coup tant il me rendait heureuse, mais je m'abstins, m'assoyant, crispée, sur mon lit.
- Est-ce trop tôt ? S'inquiéta-t-il, plissant le front.
- Non ! Confirmai-je, un peu trop convaincante à mon goût.
Il sourit, restant assit au cadre de la fenêtre. Je voulus lui parler d'une manière ferme et dure, menaçante, à voir, mais je n'y arrivai pas. Je voulais des explications et, j'en suis certaine, il le savait. Je soupirai, méditant sur le comment allais-je débuter ce sujet.
- Je crois que ma chambre est hantée, commençai-je en jetant un coup d'oeil à mon bureau de travail. J'étais sûre d'avoir mise la photo de mon père juste là, au coin de la table, continuai-je en plissant les yeux, curieuse de voir ce qu'il allait rétorquer.
Il pouffa.
- Et tu crois aux fantômes, toi ? Ricana le blond, bien que je suis sûre qu'il en ai certain.
Pourquoi ne croirais-je en pas leur existence ? Osai-je, interdite.
Il leva les yeux en l'air, comme pour réfléchir un bref moment, puis revint à moi, souriant.
- Je commence à être réellement irritée de toutes tes plaisanteries, Emmanuel, tu me fous la trouille !
- Et tu crois réellement que c'est moi, qui fait tout ça ?
Il ne semblait pas se moquer de moi, là. Il était plutôt sérieux.
Je baissai le yeux sur le sol avant de répondre.
- Je...
- Oui ? Demanda-t-il sur un registre trop insistant.
Je levai alors le regard vers lui, maintenant ses yeux rendu bleu océan, exactement comme la première fois où je l'ai rencontrer.
- J'en suis certaine, confirmai-je d'un tond ferme, mais emplie de crainte.
Ses yeux perçants s'emparèrent des miens et je ne pus échapper à son regard.
J'avalai ma salive et commençai à trembler, sans avoir une explication valable. Je serrai la mâchoire vigoureusement trop fort que j'en ressentis une certaine douleur.
Il a alors envoyé son regard de par dessus ma tête, ne visant rien en particulier, me lançant un bref et minable « désoler ».
Mes tremblements avaient alors cessés et je me détendis, mais pas en entier.
- Quel est la vraie couleur de tes yeux, osai-je, interdite, timorée.
- Elles varies avec les sentiments que je ressens, dit-il, hésitant.
- Et le bleu, ça veut dire quoi ?
Je ne le regardai pas exactement dans les yeux, lorsque ma phrase a rétorqué dans la salle.
- Plutôt anxieux... intrigué, avoua-t-il fermement.
J'acquiesçai d'un hochement de tête.
- Et qu'est-ce qui t'intrigue ?
Il inspira profondément, tournant lentement le regard.
Je me mise à l'extrémité de mon lit, comme ça, il me sera plus aisée d'analyser ses expressions.
- Pourquoi donc as-tu la faculté de me voir, c'est simplement impossible ! S'emporta-t-il, mâchoire serrée.
Il était maintenant rendus à mes côtés, mais à une distance plus qu'acceptable de moi.
Méditant, je pinçai les lèvres, ne trouvant aucune réponse convenable à sa question.
- Alors, c'est vrai ? Personne ne te vois ? Demandai-je à faible voix, si bas qu'on aurait presque dit que je chuchotais.
- Tous le monde, mise à part toi !
- Et que crois-tu ? Pourquoi suis-je capable de te voir ?
Il posa le regard à ses doigts, jouant avec. Il médita un instant, puis se lança.
- Je n'en suis pas certain. En fait, j'ai fait plusieurs hypothèses là-dessus, mais aucune n'était passable.
Il soupira, irrité.
- Et ça t'agace, que je puisse te voir.
C'était plutôt une confirmation qu'une question. Les tonalités de ma phrase frôlaient la déception, bien que j'ai crus bon essayer de les camoufler.
Il parut étonné.
- Bien sûr que non, Tracy ! Que dis-tu là ? Tu es absurde ! (il se détendit légèrement et un sourire apaisé se dessina sur le portrait de ses lèvres.) En fait, ça m'amuse... Tu ne peux pas savoir à quel point c'est horrible, d'être ce que je suis. Enfin, pas si terrible que ça, mais la vie est bien meilleure.
Je plissai front et nez et penchai doucement la tête sur le côté, abasourdie. Là, je pus constater qu'il a aussitôt regretté ses paroles.
- Et qu'es-tu, en vérité ? Osai-je, maladroite.
Il ne pipa mot, me regardant de manière sévère.
Le silence s'installa aussitôt dans la pièce et c'est alors que des craquements retentirent des escaliers. Mon coeur à aussitôt fait un tour et c'est empressée que je me glissai sous les couvertures, le coeur palpitant.
Emmanuel s'assit alors à l'extrémité de mon lit, léger comme l'air, puis regarda ma mère entrer dans la chambre, un plateau de nourriture dans les mains.
J'ouvrai alors les yeux entièrement, la toisant, me souvenant de la veille.
- Bonjour, mon ange, murmura-t-elle de sa belle voix. Tiens, je me suis dit que tu avais peut-être un petit creux. Je t'ai préparé des crêpes avec du chocolat fondant au dessus, comme tu les aimes ! Continua-t-elle, s'enthousiasment.
J'évitai son regard et me tournai vers la gauche, la fuyant.
Je l'entendis soupirer, exaspérée et déposer le cabaret sur ma table de nuit. Elle repartit alors à pas trainant et disparut de ma vue. Et si elle croit m'amadouer ainsi, elle se met le doigt dans l'oeil !
- La pauvre... Elle les a fait avec amour et c'est de même que tu la remercie ? S'enquit Emmanuel, rendus assez proche de moi.
Je frémis, sentant son bras frôler le mien.
- Ça va ? S'inquiéta alors le blond.
- Oui, je... Ça va, oui, bredouillai-je minablement.
Ça lui prit plus d'une minutes à en être complètement persuadé, puis il finit par se détendre, s'emparant de l'assiette de crêpes pour la poser devant nous, souriant comme un enfant.
- Alors, tu manges ?
- Je n'en veux pas, de ses crêpes idiotes ! M'entêtai-je en croisant les bras.
- Oh ! Cesse donc de faire des enfantillages et avale ça ! Insista Emmanuel, tentant de faire son possible pour me faire manger un morceau qu'il avait coupé.
- Arrête, je suis collée de partout !
Il rit, cessant alors son jeu et avala le morceau. Je ne sais pas à quoi vraiment je m'attendais, mais je parus très médusée en constatant qu'il pouvait manger.
- Regarde ce que tu as fait ! L'accusai-je en désignant l'alentour de ma bouche remplie de chocolat.
- Oh, ce n'est pas si mal, tu sais !
J'observai alors la couleur de ses yeux, curieuse.
- Et quand ils sont marrons, ça veut dire quoi ?
Il sourit.
- Que je suis plutôt apaisé, lorsque je suis heureux.
Je souris, gênée.
Maintenant, j'eus la mauvaise idée de lui demander de quel couleur sont ses iris lorsqu'il est amoureux. Je m'abstiens, cela va de soit ! Je serrai plutôt les lèvres, regardant partout, tout sauf lui. Mais cependant, Emmanuel m'examinait de fond en comble, me scrutant sans permission, interdit. J'étais plutôt embarrassée de le voir mener un examen sur moi, comme tel. Je passai ma main dans derrière mes oreilles, question de ramener mes cheveux qui voilaient maintenant mon visage qui était devenus pourpre. Je l'entendis souffler un rire, puis, sentant le lit bouger, je me retournant, me demandant alors qu'est-ce que diable pouvait-il faire.
Il ne se gênait pas pour scruter ma chambre, regarder se qu'elle contenait. Il s'arrêta devant la photo d'un homme : mon père... Il plissa le front, intrigué.
- C'est ton père, confirma-t-il le regard scotché au cadre.
J'acquiesçai, neutre.
Il a finit par céder le regard pour continuer son examen.
- Ne te gênes surtout pas ! Ironisai-je en voyant sa main ouvrir un tiroir.
Je me jetai hors du lit pour stopper celle-ci avant de voir un visage d'étonnement de sa part. Il garda ma main dans la sienne, la tripotant d'un ½il attentif.
J'étais complètement décontenancée, mais j'imagine que je vais devoir me familiarisé à ses inhabituels habitudes. Je le laissai donc faire, trouvant ce geste assez agréable. Il finit par s'interrompre, irrité. Il soupira puis se dirigeai vers la fenêtre. Je me précipitai vers luid 'un pas pressé.



